La récente visite inopinée du Président de la République, Chef de l’État, le Maréchal MAHAMAT IDRISS DEBY ITNO, dans le département de Haraze Al Biar, marque un tournant significatif dans la manière d’appréhender la gestion des affaires publiques au Tchad. En choisissant de rompre avec le protocole rigide pour se rendre directement sur le terrain, le Chef de l’État a envoyé un signal fort : celui d’une gouvernance tournée vers la réalité du terrain et l’efficacité opérationnelle.
Une immersion salutaire pour le suivi des projets
Cette démarche de « constatation directe » est à saluer. En se rendant lui-même sur les chantiers — qu’il s’agisse du centre de santé de Massaguet ou de la centrale solaire — le Président s’affranchit des rapports administratifs parfois complaisants pour toucher du doigt la réalité. Cette méthode permet de détecter immédiatement les failles, comme l’absence inadmissible de responsables sur les sites ou les problèmes techniques de mise en service, prouvant que sa prompte intervention est souvent le seul moteur de déblocage.

Toutefois, ces descentes mettent en lumière un constat amer : malgré les instructions claires et répétées du Chef de l’État, une certaine inertie semble s’être installée chez de nombreux responsables et entreprises contractantes. Il est déplorable de constater que plusieurs chantiers piétinent ou sont abandonnés sitôt le cortège présidentiel reparti. Cette passivité face aux urgences sociales n’est plus seulement un manquement administratif, c’est un frein au développement national. Face à ce sabotage passif, la simple exhortation ne suffit plus. Il devient impératif de changer de stratégie en introduisant une dimension judiciaire : le temps est venu de traduire devant les instances compétentes les responsables de travaux non ou mal exécutés. La justice doit désormais prendre le relais là où le suivi technique a échoué, afin de garantir que les fonds publics se transforment réellement en infrastructures pour le peuple.
Le dialogue, levier de motivation et de responsabilité
L’échange direct avec les ouvriers et la valorisation des compétences nationales, comme sur le chantier de la route à Lamadji, demeure un vecteur puissant de motivation. Cela rappelle que le suivi de l’État doit être constant. Le passage d’un constat de lenteur à une satisfaction sur l’avancement des travaux prouve que la pression présidentielle fonctionne, mais elle ne doit pas être la seule condition du progrès.
Il est impératif que cette dynamique soit multipliée. En multipliant ces descentes inopinées et en les assortissant de sanctions exemplaires, le Chef de l’État renforcera la redevabilité. Une gouvernance qui « constate, écoute et agit » est celle qui répond le mieux aux attentes des populations. Il est vivement encouragé que cette culture de l’inspection devienne la norme, assurant ainsi que chaque projet se transforme, sans délai, en un progrès tangible pour le bien-être de tous les Tchadiens.
Juda Allahondoum
