Affaire « C’est bon » : Un coup de massue pour le commerce et une alerte sanitaire majeure

Le couperet est tombé ce vendredi 17 avril 2026. Par un communiqué officiel, le ministère du Commerce et de l’Industrie du Tchad a ordonné le retrait immédiat du marché de l’eau minérale « C’est bon », invoquant une « mauvaise qualité ». Alors que les maires d’arrondissements multiplient les saisies sur le terrain, l’inquiétude grandit : comment un produit consommé depuis deux ans a-t-il pu échapper si longtemps à la vigilance des autorités ?

Pour les milliers de commerçants et tenanciers de kiosques, cette annonce sonne comme un désastre économique. Contrairement aux grandes chaînes de distribution, le petit commerce de proximité n’a que peu de leviers pour obtenir dédommagement auprès de la société productrice.

Dans les arrondissements, les scènes de saisies se multiplient. Pour de nombreux boutiquiers, les casiers d’eau « C’est bon » représentent une part importante de leur fonds de roulement, désormais réduit à néant.

 « On nous a vendu ce produit comme une référence abordable », confie un vendeur de quartier. Le risque est désormais que la clientèle, par peur, boude l’ensemble du segment des eaux minérales locales, affectant durablement le chiffre d’affaires du secteur.

Deux ans de consommation : l’angoisse des usagers

L’aspect le plus préoccupant de cette affaire reste la durée de présence du produit sur le marché. Depuis plus de 24 mois, cette eau, dont l’entreprise serait aux mains de capitaux étrangers, s’est installée dans les habitudes des ménages.

La question de la toxicité est sur toutes les lèvres. S’agit-il d’une contamination bactériologique ponctuelle ou d’une présence prolongée de substances chimiques (métaux lourds, microplastiques) ? Les autorités sanitaires devront clarifier si les risques concernent des infections aiguës ou des pathologies liées à l’accumulation sur le long terme.

Cette crise met en lumière les failles des mécanismes de contrôle de qualité. Le fait que le retrait survienne après deux années de commercialisation pose la question de la fréquence et de la rigueur des prélèvements effectués par les services techniques de l’État.

Vers un scandale industriel et judiciaire ?

La société « C’est bon » se retrouve aujourd’hui sur le banc des accusés. Si la mauvaise qualité est confirmée par des expertises indépendantes, l’entreprise s’expose non seulement à des fermetures définitives, mais aussi à une avalanche de poursuites civiles.

Pour l’heure, l’urgence est à l’assainissement du marché. Mais au-delà de la logistique de retrait, c’est toute la chaîne de certification des produits de grande consommation qui devra être réévaluée pour restaurer la confiance d’une population qui se demande désormais ce qu’elle boit réellement. Affaire à suivre.

Juda Allahondoum 

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