Le ministre de la Santé publique et de la Prévention, Dr Abdelmadjid Abderahim, a lancé le 27 octobre 2026, le plan stratégique 2026-2030 de l’Institut national de santé publique du Tchad (INSAPT), en présence de son collègue de l’Enseignement supérieur, Dr Sitack Yombatina. L’objectif est de détecter plus tôt, réagir plus vite et décider sur la base de données probantes face aux épidémies.
Premier du genre, ce plan fixe pour cinq ans le cap d’une institution née des leçons de la COVID-19, une pandémie qui a révélé les limites des systèmes de santé dans le monde, y compris celui du Tchad, face aux urgences sanitaires.
Par ce plan, l’INSAPT rassemble désormais la veille sanitaire, le laboratoire national de santé publique, la recherche et la formation. Il se donne aussi un cap mesurable, celui de contribuer, d’ici 2030, à réduire significativement la morbidité et la mortalité.
Lors du lancement, le directeur général de l’INSAPT, Pr Ali Mahamat Moussa, a retracé les étapes ayant mené à ce plan tout en présentant les perspectives.
La directrice-pays adjointe de l’AFD, Sophie Chapellet et L’ambassadeur, chef de la délégation de l’Union européenne, Amador Sanchez Rico, ont, chacun rappelé le rôle de l’institut dans la recherche, les analyses et la conception de stratégies et de méthodes tout en saluant l’engagement du gouvernement qui a fait de l’INSAPT une priorité nationale.
Pour le ministre en charge de l’Enseignement supérieur, Dr Sitack Yombatina, l’INSAPT repose sur la rationalité, la culture scientifique et la décision fondée sur des données probantes. Il a cité plusieurs chantiers tels que ancrer davantage l’institut dans le système national de recherche, former et fidéliser des chercheurs et techniciens hautement qualifiés en épidémiologie de terrain, en biologie et en gestion des données, valoriser les travaux scientifiques tchadiens, élargir l’accès aux ressources documentaires internationales et renforcer la reconnaissance académique des chercheurs.
Une urgence sanitaire
Le Dr Abdelmadjid Abderahim a vu dans ce lancement une étape importante pour renforcer les capacités nationales de surveillance, de recherche et de réponse aux urgences sanitaires. Il a rappelé que le système de santé reste confronté à un accès aux soins limité dans certaines localités, à un financement fragilisé par la baisse de l’aide au développement et à des épidémies récurrentes. Pour lui, le pays fait face au choléra et à la dengue et se prépare à la menace d’Ebola, présente dans la sous-région. C’est pourquoi, disposer d’un institut pleinement opérationnel est, selon lui, une urgence.
Après le lancement officiel, un exposé succinct du plan a été présenté par le chargé de projet à Expertise France, Magloire Hounkpé.
A.C
