Le ministre de la Santé publique et de la Prévention, Dr Abdelmadjid Abderahim, a répondu vendredi 6 novembre 2026 aux questions des sénateurs sur l’évolution de la dengue au Tchad. L’échange s’est tenu lors d’une séance présidée par le président du Sénat, Dr Haroun Kabadi, en présence du ministre secrétaire général adjoint du Gouvernement, Dr Bourkou Dédé El Hadj. La question orale avec débat avait été déposée par la sénatrice Zara Dillo.
La sénatrice a demandé des précisions sur l’efficacité des mesures de prévention et les moyens mobilisés pour freiner la transmission. Elle a notamment plaidé pour intensifier les opérations de désinfection, en particulier dans les transports en commun. Elle a aussi exprimé des doutes sur les chiffres officiels des décès et souhaité obtenir davantage d’informations sur les cas confirmés ainsi que sur les causes de la mortalité enregistrée.
La gratuité des soins annoncée par le Gouvernement a également été au cœur des échanges. Zara Dillo a demandé si les hôpitaux et les centres de santé avaient reçu les instructions et les ressources nécessaires pour appliquer cette mesure. Le ministre a, pour sa part, présenté le bilan épidémiologique arrêté au 3 novembre 2026 : 6 275 cas suspects, dont 553 confirmés biologiquement, et 18 décès.
Dr Abderahim a précisé que ces données concernent les cas diagnostiqués et vérifiés par les structures sanitaires. Les décès survenus dans les communautés, sans prise en charge dans un établissement de santé, restent toutefois difficiles à dénombrer avec exactitude. Il a également évoqué la présence concomitante d’autres maladies — paludisme, choléra, malnutrition, diabète et hypertension — susceptibles de compliquer la prise en charge des patients.
Le ministre a cité l’automédication et le recours tardif aux soins parmi les facteurs pouvant aggraver certains cas. La dengue, maladie virale transmise par les moustiques du genre *Aedes*, se manifeste notamment par une forte fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires et articulaires, des nausées et des vomissements. Dans ses formes graves, elle peut provoquer des complications hémorragiques.
Parmi les facteurs favorisant la propagation, le ministre a mentionné les effets du changement climatique sur la prolifération des moustiques. Il a aussi alerté sur le risque d’apparition ou de diffusion d’autres maladies vectorielles, comme le chikungunya et le Zika, appelant à renforcer la prévention. Enfin, il a souligné le manque de personnel : le Tchad compte environ 12 000 agents de santé, toutes catégories confondues, pour près de 20 millions d’habitants. À l’issue des débats, plusieurs sénateurs ont demandé d’intensifier la prévention, d’améliorer le diagnostic et de renforcer la prise en charge des malades.
JA
