Depuis près de trois mois, accéder à la communication téléphonique à Bodo relève du parcours du combattant. Une situation qui a atteint son paroxysme ces derniers jours, au grand dam des abonnés des réseaux Airtel Tchad et Moov Africa.
Les habitants de Bodo vivent une véritable coupure numérique. Depuis le 23 juillet dernier, les deux réseaux mobiles se sont effondrés l’un après l’autre, laissant les clients impuissants face à des forfaits qui s’épuisent sans qu’aucun remboursement ne soit envisagé par les opérateurs.
Chez Airtel Tchad, les coupures à répétition sont devenues monnaie courante. Les abonnés profitent d’un signal intermittent et, lorsqu’il disparaît, il faut parfois patienter plusieurs semaines pour espérer un rétablissement, le tout sous le regard indifférent des responsables locaux.
En guise d’explication, l’argument massue de la panne de groupe électrogène est brandi. Mais faut-il réellement croire qu’aucun technicien n’est disponible pour réparer un groupe dans tout le pays ? Le résultat, lui, est bien réel : les abonnés sont coupés du monde depuis de nombreux jours.
Pour Moov Africa, la perturbation a d’abord été justifiée par un problème sur l’antenne de Béboto, selon les dires du gardien. Mais à peine cette dernière réparée, ce sont des câbles électriques qui auraient été endommagés par la pluie. Une accumulation de prétextes qui agace profondément les usagers.
Retour aux années 2003
Passer un simple coup de fil à Bodo est devenu un véritable exploit. Faute de réseau, certains abonnés sont contraints de multiplier les déplacements :
- Sur l’axe Kaba-Bodo ;
- Vers le lycée Yokabdjim Mandigui ;
- Ou en stationnant longuement sur les deux ponts de la ville (respectivement devant la brigade de recherches et le centre de santé ACT), le téléphone levé au bout des bras, renouant avec les galères des années 2003.
Une situation absurde où les antennes et leurs panneaux solaires, dressés au cœur de la ville, ressemblent davantage à de simples décors qu’à des infrastructures fonctionnelles.
L’heure de la responsabilité
Face à ce fiasco, une question brûle toutes les lèvres : les responsables de ces deux réseaux ignorent-ils la gravité de la situation ou font-ils preuve d’un laxisme coupable ? Même en cas de panne technique ou électrique, est-il tolérable de laisser une localité sans réseau pendant plus de 72 heures ?
Il est grand temps que les opérateurs prennent leurs responsabilités. Comment accepter qu’un abonné souscrive à un forfait d’une semaine, que le réseau se coupe net pendant ce laps de temps, et qu’Airtel ou Moov refuse le moindre remboursement ? Les souscriptions sont destinées à répondre à un besoin vital d’appels et de connexion, non à alimenter un service au rabais.
Dingambé Djimadoum Hyacinthe
