ALERTE : A Torrock, les chenilles dévorent les céréales… la récolte compromise

La sous-préfecture de Torrock, dans le département du Mayo-Dallah (Mayo-Kebbi Ouest), fait face à une double calamité. Après un mois, de juillet et août marqué par un déficit pluviométrique et une sécheresse prolongée, les producteurs voient désormais leurs espoirs de récolte anéantis par une invasion de chenilles légionnaires.

Sur le terrain, le constat est alarmant. Selon nos informations, plusieurs centaines d’hectares de mil, de sorgho et de maïs sont touchés. Les feuilles sont dévorées, les tiges trouées, les épis asséchés avant maturité, laissant les producteurs impuissants face à la voracité des ravageurs.

Cette attaque intervient au pire moment. Fragilisées par le stress hydrique, les plantes n’ont aucune capacité de résistance. Pour de nombreuses familles qui dépendent à 90% de cette campagne agricole, c’est le spectre de la soudure précoce et de l’insécurité alimentaire qui se profile.

Joint au téléphone, le chef de sous-secteur ANADER de Torrock, Gong-ya Ouadjonré, dresse un rapport inquiétant « Nous sommes en présence d’une attaque massive de chenilles. Les ravageurs sont présents dans presque tous les villages de la sous-préfecture, de Torrock-centre à Balani. Nous avons déjà recensé des centaines  d’hectares gravement infestés. Sans produits phytosanitaires appropriés et sans moyens de pulvérisation, notre action reste très limitée. Il faut une intervention d’urgence. » 

Du côté de la chefferie traditionnelle, le ton se veut à la fois rassurant et interpellateur. Le chef de canton de Torrock, Kabé Tchoubou, se dit optimiste quant à une récolte partielle si la pluie revient, mais il déplore le silence des autorités en charge de l’agriculture:  » Je déplore le silence du gouvernement. Jusqu’à présent, aucune équipe du ministère de l’Agriculture ou de la protection des végétaux n’est venue constater les dégâts. Les paysans sont abandonnés à eux-mêmes. Nous lançons un cri d’alarme. » Le chef de canton de Torrock, Kabé Tchoubou, a exprimé sa vive préoccupation face à l’ampleur des dégâts. « C’est toute notre saison qui est menacée. Si rien n’est fait, nous allons droit vers une insécurité alimentaire grave dans la zone », a-t-il alerté.

Les producteurs, déjà fragilisés par l’irrégularité des pluies, lancent un appel pressant aux services de l’ANADER et aux partenaires humanitaires pour une intervention rapide afin de contenir la propagation des ravageurs et sauver ce qui peut encore l’être.

Les producteurs demandent aujourd’hui une intervention rapide : dotation en insecticides, déploiement d’une équipe de protection des végétaux et évaluation officielle des pertes pour envisager une assistance aux ménages les plus vulnérables.

Faute d’une réponse immédiate, la campagne 2026 pourrait se solder par un déficit céréalier majeur dans cette zone réputée grenier de la province.

 Rouzoumka Thomas 

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