Ce sont au total 203 membres — leaders d’opinion, chefs de partis politiques, secrétaires généraux, personnes ressources et autres personnels d’appui — qui ont alimenté le débat dans le défunt Conseil national de transition (CNT), l’organe législatif circonstanciel de la transition. De février 2025 à février-mars 2026, une année s’est écoulée sans que l’on daigne régulariser leurs dus. Six milliards quatre cent cinquante-huit millions : c’est le montant à payer pour ces « oubliés » de la vie politique. Un chiffre qui fait froid dans le dos.
Madjitébaye Franck
Il s’agit principalement des conseillers nationaux de transition et du personnel d’appui en poste depuis l’avènement de la transition, marquée par le décès tragique du premier Maréchal du Tchad, Idriss Déby Itno. Les 203 leaders d’opinion, chefs et secrétaires généraux des formations politiques sont aujourd’hui aux abois. D’emblée, les revendications continuent de plus belle. Il est écrit noir sur blanc dans les textes statutaires — à savoir le règlement intérieur et les lois organiques — qu’à la fin du mandat des membres du Conseil national de transition, les six mois de salaire correspondant aux droits sociaux doivent être régularisés.
« Jusqu’à aujourd’hui, les anciens conseillers nationaux et le personnel n’ont pas encore perçu leurs droits. Nous avons servi de la manière la plus loyale et nous attendons impatiemment nos droits sociaux pour nous permettre d’aller vaquer à nos différentes préoccupations. Pour rappel, dès la fin de notre mandat, il était question de verser intégralement les six mois. Nous avons créé une plateforme dont je suis le coordonnateur, et notre combat va se poursuivre jusqu’à la satisfaction totale concernant nos dus. Un droit est un droit et il ne se négocie pas », a vociféré Nguétolabye Evariste, président du parti Mouvement pour la liberté, la paix et le renouveau au Tchad (MLPRT), par ailleurs coordonnateur de la plateforme revendicative des ex-conseillers nationaux de transition.
Les jours qui viennent s’annoncent-ils palpitants ?
« Actuellement, nous sommes en train de mener des démarches pour trouver où se situe exactement le problème. Nous nous sommes rendu compte que nos dus sont inscrits au budget de l’État mais, après au moins huit mois de démarches, on réalise que, quelque part, certains rapaces proches du pouvoir nous ont dupés », a lâché d’un ton sévère Nguétolabye Evariste.
Aux dernières informations de l’année en cours, les droits sociaux des ex-conseillers nationaux seraient bel et bien inscrits sur la ligne budgétaire de l’Assemblée nationale, l’organe républicain qui a vu le jour en remplacement du Conseil national de transition arrivé au terme de sa mission.
« Si jamais rien n’est fait en notre faveur, nous allons porter plainte contre l’Assemblée nationale pour qu’elle nous verse simplement nos dus. En un mot, nos droits sont inscrits dans la rubrique budgétaire de l’Assemblée nationale et nous devons les avoir », a coupé net Nguétolabye Evariste. Le président du MLPRT insiste sur le fait qu’ils attendent une prompte réaction des plus hautes autorités du pays, notamment du président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno.
