Tchad : un projet pour renforcer la résilience agricole face au changement climatique

Le projet de « Renforcement des capacités d’adaptation des écosystèmes agricoles face au changement climatique dans le bassin du lac Tchad » a été lancé le 13 octobre 2026. Il vise à apporter des réponses durables aux défis climatiques dans les provinces du Lac, du Kanem, du Bahr El-Ghazel et du Hadjer-Lamis.

Au Sahel, le Tchad figure parmi les pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique. Les températures élevées, la récurrence des inondations, les sécheresses ainsi que la mauvaise répartition des précipitations accentuent la dégradation des écosystèmes dans le bassin du lac Tchad.

Face à cette situation, le gouvernement tchadien, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, a décidé, à l’issue de plusieurs concertations, de mettre en place un projet visant à renforcer la capacité d’adaptation des écosystèmes agricoles aux effets du changement climatique. Cette initiative entend apporter des réponses durables aux multiples défis environnementaux et agricoles dans les provinces du Lac, du Kanem, du Bahr El-Ghazel et du Hadjer-Lamis.

Prenant la parole à cette occasion, le coordonnateur pays d’Oxfam, Dédeou Yahiya, a rappelé l’urgence d’agir face au dérèglement climatique. « Le dérèglement climatique n’est ni une menace lointaine ni un phénomène abstrait. C’est une réalité de notre quotidien qui exige une action urgente et concertée », a-t-il déclaré. « Les défis sont certes immenses, mais ils peuvent être relevés », a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité d’une mobilisation collective pour faire face aux conséquences du changement climatique.

11 000 bénéficiaires dans quatre provinces du bassin du lac Tchad

Présentant le projet, le représentant du point focal du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), Mbaramadji Djingamye Achille, a indiqué que le financement global de l’initiative s’élevait à 15 135 915 dollars américains. Ce financement est destiné à soutenir la mise en œuvre du projet, qui prévoit de toucher 11 000 bénéficiaires.

De son côté, le représentant de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Aristide Onngone, a souligné que le projet contribuerait à renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle, à préserver la biodiversité et à promouvoir le développement durable dans les quatre provinces concernées.

Pour sa part, Moubarack Koubra Abakar, représentant du ministère chargé de la Production et de l’Industrialisation agricoles, a affirmé que cette initiative répondait aux priorités du gouvernement tchadien. Il a toutefois souligné le paradoxe auquel le pays est confronté : bien qu’il figure parmi les plus vulnérables aux effets du changement climatique, le Tchad demeure confronté à un accès limité aux financements climatiques.

Financé par le Fonds pour l’environnement mondial, le projet sera mis en œuvre par le ministère de la Production agricole et de l’Industrialisation, avec l’appui technique et la supervision de la FAO, sous la coordination opérationnelle d’Oxfam.

À travers cette initiative, le gouvernement tchadien et ses partenaires entendent renforcer la résilience des écosystèmes agricoles et des populations face aux effets du changement climatique, tout en contribuant à la sécurité alimentaire, à la préservation de la biodiversité et au développement durable dans le bassin du lac Tchad.

Abdoulaye MN

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