Célestin Topona : « …On ne peut pas parler d’alliés, mais nous sommes en coopération avec le MPS»

Pour ce numéro, Le Visionnaire vous propose un entretien exclusif avec le Secrétaire général exécutif de l’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR), Célestin Topona, sur la retraite des membres du Bureau exécutif national de l’UNDR, organisée à Bakara dans le 7ᵉ arrondissement de N’Djaména, le 12 septembre 2026. L’obédience politique de l’UNDR et les démissions de cadres influents du parti sont également au menu des échanges. Face à nous !

Entretien mené par DN

Le Visionnaire : Le 12 septembre dernier à Bakara, le Bureau exécutif national de l’UNDR a organisé une retraite. Pourquoi une telle rencontre ? 

Célestin Topona : Merci au journal Le Visionnaire pour l’intérêt porté aux activités de notre parti. Revenant à votre question, c’est désormais inscrit dans notre programme. Chaque fois que cela est nécessaire, nous nous retrouvons dans un environnement convivial pour discuter des activités du parti. Le 12 septembre, nous nous sommes retirés au centre d’accueil de Bakara afin de réfléchir sur les activités du bureau exécutif national récemment mis en place. Il faut rappeler qu’en août, tout le bureau était en vacances. À la rentrée de septembre, il fallait donc programmer nos activités en fonction des impératifs du moment et présenter le programme du parti en vue de la grande rentrée politique. À l’issue de cette rencontre, nous avons publié une déclaration politique sur les activités diverses, qu’elles soient politiques ou économiques.

Que peut-on savoir des conclusions de cette assise ? 

Elles ont été rendues publiques. Nous avons demandé au gouvernement de prendre des mesures contre l’inflation, car le pouvoir d’achat des Tchadiens fond comme neige au soleil. Nous avons aussi examiné la cohabitation entre les Tchadiens. Les affrontements intercommunautaires et intracommunautaires doivent être pris au sérieux. Nous appelons le gouvernement à sanctionner les fauteurs de troubles. Sur le plan économique, nous avons soutenu les plaintes des opérateurs économiques qui souffrent des dettes non payées par l’État. Il est urgent que ces arriérés soient apurés pour relancer leurs activités, car sans eux, l’économie nationale ne peut prospérer.

Dans votre note finale, vous avez appelé au dialogue entre gouvernement et syndicats pour éviter une grève. Avez-vous un plan de sortie de crise ? 

Le plan, c’est la discussion. Si les protagonistes se rencontrent régulièrement pour traiter les questions en suspens, nous pouvons éviter une rentrée scolaire et universitaire perturbée. Chaque grève démoralise le système éducatif. Nous lançons un appel afin que le gouvernement et les syndicats privilégient l’intérêt supérieur des enfants. Nous sommes nous-mêmes parents d’élèves et ne souhaitons pas que cette rentrée soit compromise. Il n’y a pas de problème sans solution : le dialogue reste la clé.

Depuis la transition jusqu’à la 5ᵉ République, l’UNDR est accusée d’être l’alliée directe du MPS. Confirmez-vous ?

Non, il faut replacer les choses dans leur contexte. Depuis avril 2021, nous avons décidé de participer à la transition politique pour défendre les intérêts supérieurs du pays après la mort brutale du Maréchal Idriss Déby Itno. Nous avons accompagné cette transition, et Dieu merci, elle a permis d’organiser un dialogue national et de revenir à l’ordre constitutionnel. L’UNDR a accepté de participer à ce renouvellement politique. On ne peut pas parler d’alliés, mais de coopération avec le MPS. Ce n’est pas la première fois : en 1996 déjà, nous avions un accord politique qui a duré plusieurs années avant de rejoindre l’opposition. L’action politique est dynamique. Si demain nos relations avec le MPS évoluent, ce sera dans l’intérêt du pays, chacun gardant son orientation politique.

Que peut-on savoir des démissions en cascade au sein de l’UNDR ? 

Un parti est une association. Ceux qui ne sont pas satisfaits décident de partir. L’UNDR a connu des difficultés internes, mais nous avons su nous rattraper. En 2025, nous avons organisé notre congrès malgré les retards. Ceux qui sont partis, je respecte leur choix. Mais la majorité des militants est restée active. L’alternance issue du congrès est le fruit de cette remobilisation. Pendant trois jours, les 23 délégations venues des provinces ont analysé les difficultés et adopté des résolutions pour relancer le parti. Les départs ne nous empêchent pas d’avancer. D’ailleurs, nous enregistrons de nouvelles adhésions. À la prochaine rentrée politique, nous présenterons les résultats de cette mobilisation. Le parti continue son chemin, avec dynamisme et confiance.

RETROUVEZ L’INTEGRALITE DANS LA PARUTION 400 DE VOTRE HEBDOMADAIRE 

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