Accusations, répliques et débat public. Depuis plusieurs jours, les relations entre Marius Mouandilmadji et le sélectionneur des Sao, Raoul Savoy, alimentent les discussions dans les médias et sur les réseaux sociaux. MARTY Ferdinand dresse une revue croisée des différentes positions exprimées autour de cette crise qui secoue le football tchadien.
Tout est parti de la sortie médiatique de Raoul Savoy. Le technicien suisse a annoncé l’exclusion de Marius Mouandilmadji et de plusieurs autres internationaux, évoquant une « trahison » et un « coup de poignard dans le dos » qui auraient contribué à fragiliser le projet sportif de la sélection nationale après les revers enregistrés face au Burundi.
Mais la réaction de Marius ne s’est pas fait attendre. Sur sa page Facebook et dans ses différentes prises de parole relayées par les médias, le capitaine des Sao rejette les accusations portées contre lui. Il estime qu’on cherche à faire de lui le principal responsable des contre-performances de l’équipe, alors que les difficultés des Sao sont plus profondes et concernent l’ensemble de l’environnement du football tchadien. Dans une publication faite le 25 juin 2026 sur sa page Facebook, le capitaine de l’équipe nationale dit servir une sommation interpellative aux fins de mise en demeure au secrétariat du président de la FTFA. Ce dernier a 8 jours pour présenter les preuves de ses accusations. Passé ce délai, Marius et Amine Hiver, un autre joueur accusé, saisiront le TAS et la commission juridique de la FIFA.
À travers cette passe d’armes, deux visions s’opposent. Pour le sélectionneur, la discipline et l’adhésion au projet collectif priment sur les individualités. Pour les défenseurs de Marius, il est injuste de faire porter à un seul joueur le poids des échecs d’une équipe qui souffre depuis plusieurs années de problèmes structurels, administratifs et organisationnels.
Cette controverse soulève également une question de méthode. Les différends internes doivent-ils être exposés sur la place publique au risque d’affaiblir davantage l’image des Sao ? Ou faut-il au contraire privilégier le dialogue et les mécanismes internes de règlement des conflits ?
Une chose est certaine : au-delà des personnes, c’est l’avenir de la sélection nationale qui est en jeu. Les supporters, eux, attendent moins des accusations réciproques que des solutions capables de redonner aux Sao leur compétitivité et leur crédibilité.
Pour l’heure, le public retient son souffle et attend la décision qui sortira du conseil de discipline de la FTFA. Et si les accusations portées sur Marius et Cie s’avèrent vraies ils mériteraient la vindicte populaire pour avoir saper l’honneur national au détriment des intérêts bassement égoïstes.
Marty Ferdinand
