Le FAGACE s’engage pour le financement durable du Bassin du Congo

Le Fonds Africain de Garantie et de Coopération Économique (FAGACE) a marqué de son empreinte la première Table ronde des bailleurs de fonds du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo a Brazzaville le 26 mai 2026. Son président, Ngueto Tiraina Yambaye, a salué une initiative historique qui réunit décideurs politiques, banques multilatérales et investisseurs autour de 63 projets prioritaires inscrits dans le Plan d’investissement.

Créé il y a près de 50 ans, le FAGACE s’est donné pour mission de lever le blocage du risque afin de libérer le financement des projets africains. « Aucun projet de développement ne manque de sens en Afrique. Ce qui manque, c’est le pont entre l’ambition des États et la confiance des marchés », a rappelé son président. Aujourd’hui, ce blocage s’appelle changement climatique. La réponse, selon lui, doit être régionale, coordonnée et adossée aux écosystèmes qui régulent le climat mondial. Le Bassin du Congo en est le cœur.

Un plan stratégique ambitieux

Le FAGACE ne se présente pas avec une enveloppe fermée, mais avec une boussole claire : son Plan stratégique 2026-2030, adopté cette année. Celui-ci prévoit l’octroi de garanties de plus de 7 000 milliards FCFA afin de mobiliser au moins 10 000 milliards FCFA au profit des projets publics et privés.

L’institution place le financement durable au centre de son action. Concrètement, elle s’engage à orienter 50 % de ses nouvelles garanties vers des projets liés au climat, à l’eau, à l’énergie propre et à l’économie bleue d’ici 2030. Elle entend aussi adapter ses instruments pour dé-risquer les partenariats public-privé, les obligations vertes et bleues, ainsi que les financements structurés portés par les États de la CEMAC.

De la garantie à la bancabilité

Le message est clair : le FAGACE ne veut plus se limiter à garantir. Il ambitionne de co-construire la bancabilité des projets dès l’amont, afin que le passage du pipeline au closing financier devienne la règle et non l’exception.

Sur le Plan d’investissement du Fonds Bleu, l’engagement est immédiat. Le FAGACE met à disposition toute sa boîte à outils : garantie de portefeuille, garantie individuelle, garantie d’emprunt obligataire, garantie grossiste, garantie de lettres de crédit, rehaussement de crédit et garantie interbancaire. « Il n’y a ni guichet fermé ni plafond arbitraire. Notre capacité d’intervention suivra la qualité du pipeline et la volonté des États », a précisé Ngueto Tiraina Yambaye.

Une approche régionale et mutualisée

Le président du FAGACE a insisté : le Bassin du Congo ne peut pas être financé comme un projet isolé. Il faut une approche régionale, mutualisée, qui attire les capitaux à grande échelle. Le FAGACE propose de jouer le rôle d’agrégateur de confiance. Aux États, il lance : « Venez avec vos projets, nous travaillerons avec vous pour les rendre finançables. » Aux investisseurs, il affirme : « Regardez le Bassin du Congo avec des yeux neufs. La garantie africaine existe, elle est crédible et elle est là pour débloquer votre capital. »

La Commission Climat du Bassin du Congo a montré la voie, le Fonds Bleu en est la feuille de route. Le FAGACE veut être l’outil qui transforme cette feuille de route en contrats signés, travaux lancés, emplois créés et résilience gagnée.

« Le temps des discours est passé. Le temps des garanties qui ouvrent les vannes du financement a commencé », a conclu Ngueto Tiraina Yambaye, devant un parterre de chefs d’État, de ministres et de partenaires techniques et financiers.

Juda Allahondoum 

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