Le collectif des avocats de Fatimé Boukar Kossei dénonce une « justice à géométrie variable »

Condamnés à 10 ans de prison ferme et à plus de 11 milliards de FCFA de remboursement, l’ex-ministre de l’Action sociale et l’ex-DG de la Solidarité nationale contestent vigoureusement le verdict. Face à la presse ce jeudi 4 juin 2026, leurs conseils ont pointé du doigt les failles d’une procédure qu’ils jugent sans preuves matérielles.

Le collectif des avocats de l’ex-ministre de l’Action sociale, Fatimé Boukar Kossei, et de l’ex-directeur général de la Solidarité nationale, Kaoude Israël, a tenu un point de presse ce jeudi à la Maison des Médias du Tchad. L’objectif : dénoncer les irrégularités ayant conduit à la condamnation de leurs clients pour un présumé détournement de vivres destinés aux populations vulnérables.

Selon le porte-parole du collectif, Me Francis Laokouldé, le dossier d’accusation brille par son vide technique. Il affirme qu’aucune preuve concrète n’a été rapportée durant les débats. « L’accusation n’a démontré ni l’acte de détournement, ni la volonté d’enrichissement personnel. Ces deux éléments sont pourtant essentiels pour caractériser l’infraction selon les dispositions du Code pénal tchadien », insiste le collectif. 

Les avocats précisent que les documents présentés comme compromis ne sont que des décharges administratives attestant du retrait légal des vivres de l’ONASA pour leur acheminement vers les zones sinistrées.

La responsabilité de la chaîne de distribution

Le collectif a particulièrement insisté sur le cas de Massaguet. Dans cette localité, comme ailleurs, la distribution finale était assurée par les autorités locales. Pour la défense, il est juridiquement incohérent de tenir l’ancienne ministre et l’ex-DG pour responsables d’éventuelles anomalies survenues à cette étape finale de la chaîne.

Les conseils des prévenus n’ont pas épargné l’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC). Ils l’accusent d’avoir tenté d’influencer l’opinion par un communiqué publié après le verdict pour défendre ses propres conclusions. Le collectif a tenu à rappeler une règle de droit fondamentale : l’AILC est un organe d’enquête, et non une juridiction de jugement.

Face à ce qu’ils qualifient de « justice à géométrie variable », les avocats ont réitéré l’innocence de leurs clients. Ils ont annoncé avoir officiellement saisi la Cour Suprême par un pourvoi en cassation. Le collectif espère que la haute juridiction réexaminera l’affaire en droit afin de rétablir la vérité judiciaire.

KZP

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