Portrait: Yoramadjiel Gisèle, le visage d’une politique de proximité

Femme battante et engagée dans le développement et la citoyenneté, Yoramadjiel Gisèle incarne aujourd’hui la dynamique d’une politique concrète et réaliste au service de la population.

À N’Djaména, on la croise aussi bien dans les activités sociales, caritatives et associatives que dans les salles de formation pour jeunes porteurs de projets. Yoramadjiel Gisèle n’aime pas les titres dormants. Présidente du jeune parti APRECI, ancienne maire adjointe de la commune du 7ᵉ arrondissement, diplômée et entrepreneure, elle a choisi un fil conducteur simple : bâtir le pays en réveillant d’abord le citoyen.

Du terrain municipal à la tête d’un parti

Son passage à la mairie du 7ᵉ arrondissement l’a marquée et a servi de tremplin à sa vision d’œuvrer pour la citoyenneté au Tchad. En tant que première maire adjointe, Yoramadjiel Gisèle a géré le quotidien des quartiers : assainissement, appui aux associations de femmes, médiations locales, entre autres. C’est là qu’elle a compris que beaucoup de blocages ne venaient pas d’un manque de moyens, mais d’un manque d’appropriation. « Quand les gens comprennent qu’ils sont les premiers acteurs de leur commune, ils n’attendent plus tout de l’État. Ils proposent, ils cotisent, ils surveillent », confie-t-elle.

Cette conviction l’a portée à la présidence de l’APRECI, un jeune parti qu’elle a créé et qu’elle veut résolument tourné vers l’action concrète plutôt que vers les slogans creux.

L’entrepreneuriat comme école de responsabilité

Diplômée en sciences de l’éducation, administration et secrétariat, et elle-même cheffe d’entreprise, Yoramadjiel Gisèle parle le langage des PME (Petites et Moyennes Entreprises). Elle connaît les retards de paiement, les difficultés d’accès aux financements et la lourdeur administrative. Mais elle refuse le discours de la victimisation. Au cours de l’année 2026, elle a organisé une séance de transformation de tissus en pagnes et autres produits artisanaux avec une dizaine de ses sœurs tchadiennes. L’objectif : les amener à croire en leur potentiel et à placer l’entrepreneuriat, associé à la citoyenneté, au cœur de leur combat quotidien.

Pour Yoramadjiel Gisèle, entreprendre est d’abord un acte citoyen. Créer un emploi, payer ses impôts, former des jeunes, respecter les normes : autant de gestes politiques au sens noble du terme. C’est ce qui justifie notamment sa participation au séminaire national de sensibilisation sur la sécurité alimentaire, organisé par l’ATNOR et le ministère du Commerce du 2 au 3 septembre au Radisson Blu.

À l’APRECI, elle a mis en place des caravanes d’orientation pour les jeunes et les femmes dans les 10 arrondissements de N’Djaména ainsi qu’en province. L’objectif, explique-t-elle, est de transformer l’idée en plan d’affaires, et le plan d’affaires en entreprise formelle. S’inscrivant dans la vision du Chef de l’État, le Général Mahamat Idriss Déby Itno — déclinée dans ses 12 chantiers et 100 actions pour un Tchad refondé et orienté vers le développement —, Yoramadjiel Gisèle insiste sur un triptyque clair : former, financer et formaliser.

« Citoyenneté fiscale : payer pour exiger des comptes. Citoyenneté sociale : s’impliquer dans les comités de quartier, les coopératives, les écoles. Enfin, citoyenneté économique : consommer local, structurer des filières et arrêter de subir. » Gisèle ne sépare pas la politique du développement. Pour elle, un bon citoyen est un bon contribuable, un bon employeur et un bon voisin. « Le développement ne descend pas du ciel, il se construit par des milliers de petits choix quotidiens », répète-t-elle lors des réunions.

Une femme de terrain au service des autres

Dans un milieu politique souvent bruyant, son style tranche : peu de promesses, beaucoup de suivi. Collaborateurs, militants et bénéficiaires de ses programmes retiennent les mêmes qualités : l’exigence et la proximité.

Ancienne élue locale, elle garde le réflexe du terrain. Entrepreneure, elle conserve le réflexe du résultat. Militante, Yoramadjiel Gisèle privilégie la pédagogie. À l’approche des prochaines échéances, l’APRECI sous sa direction fait un pari : présenter des candidats qui sont d’abord des acteurs économiques et sociaux reconnus dans leurs communautés, et non des professionnels de la politique déconnectés du réel.

Aujourd’hui, Yoramadjiel Gisèle ne se présente pas comme une sauveuse, mais comme une catalyseuse. Son pari réside dans l’idée que si chaque Tchadien prend sa part de responsabilité, la somme des efforts fera avancer tout le pays.

C’est peut-être là toute l’originalité de son engagement : remettre la responsabilité au centre, sans jamais oublier la solidarité.

JA

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