Les cadres et ressortissants du canton Sama/Mberi résidant à N’Djaména dénoncent la suspension de M. Djimndolengar Mobingar Charles, qui assurait l’intérim à la tête du canton, par le préfet de la Pendé. Cette décision est intervenue à l’issue des obsèques de M. Kemyelngar Justin, chef du canton Sama/Mberi, décédé le 25 août 2026.
Ces derniers rappellent que le canton Sama/Mberi a connu, dans un passé récent, des épisodes douloureux, marqués par des pertes en vies humaines lors de la désignation ou de l’installation du chef de canton. « Aujourd’hui, notre principale préoccupation est de préserver la paix sociale et d’éviter que de nouveaux affrontements ne viennent endeuiller davantage nos familles. Nous ne voulons plus qu’une seule goutte de sang d’une fille ou d’un fils du canton Sama/Mberi soit versée pour une question de chefferie », écrivent-ils.
Concernant la légitimité, le document souligne que la chefferie traditionnelle, intimement liée à l’histoire, aux traditions et aux lignées reconnues par les communautés locales, doit être désignée dans le strict respect des règles coutumières et des textes applicables. « Quant à la légalité, après un long processus contradictoire et consensuel, le chef de canton intérimaire a été désigné le 12 janvier 2023 par l’administration, à la suite d’une cascade de décisions administratives régulières et concordantes, sans contestation possible. De sorte que, ne serait-ce que du point de vue de la continuité administrative, nous sommes surpris d’apprendre aujourd’hui que les nouvelles autorités locales de la Pendé remettent en cause, au risque de rallumer les troubles que le canton a connus, toute la chaîne de conciliabules et de décisions administratives qui a conduit à la désignation du chef de canton Djimndolengar Mobingar Charles », soulignent-ils.
De ce fait, les cadres et ressortissants du canton Sama/Mberi résidant à N’Djaména appellent les autorités à prendre en compte les préoccupations des populations et à éviter toute démarche susceptible de raviver les tensions ou d’opposer les filles et fils du canton. « Sama/Mberi a suffisamment connu la douleur. Il est temps de préserver la paix. Non à la violence. Non à la division. Non à toute démarche susceptible de troubler la paix dans le canton. Oui au dialogue, à la concertation et à la paix », conclut le communiqué.
DN
