Les Femmes d’Impact plaident pour une inclusion accrue des femmes

La troisième édition de la table ronde des « Femmes d’Impact » s’est tenue dans la capitale tchadienne le 20 juin dernier, réunissant des leaders féminines de plusieurs pays africains autour d’une réflexion sur la place des femmes dans la transformation numérique et le développement de l’intelligence artificielle (IA).

LANDENG KAYE Solange

Cette rencontre a rassemblé des participantes venues du Sénégal, du Maroc, de la Tunisie, de la Côte d’Ivoire, du Gabon et du Tchad. À travers des panels et des échanges, elles ont partagé leurs expériences et formulé des recommandations pour renforcer l’implication des femmes dans les secteurs du numérique et de l’innovation.

Dans son allocution d’ouverture, la présidente de l’initiative, Nicole Ndoubayo, a salué l’évolution de cette plateforme, devenue au fil des années un véritable réseau panafricain de promotion du leadership féminin. Selon elle, le numérique constitue aujourd’hui un levier incontournable d’émancipation économique et sociale pour les femmes africaines.

Réduire la fracture numérique

Les discussions ont mis en lumière la nécessité de réduire la fracture numérique persistante entre les hommes et les femmes. Les participantes ont souligné que l’accès aux technologies de l’information, à Internet et aux formations spécialisées peut contribuer significativement à la lutte contre la pauvreté et à l’amélioration des conditions de vie des femmes, qu’elles soient entrepreneures, étudiantes ou actrices du développement communautaire.

Alors que le Tchad poursuit ses ambitions de modernisation à travers le plan national « Tchad Connexion 2030 », plusieurs intervenantes ont rappelé que les femmes restent encore insuffisamment représentées dans les domaines des sciences, des technologies et de l’innovation. Cette situation risque de les marginaliser davantage face aux mutations rapides du marché de l’emploi induites par les nouvelles technologies.

L’intelligence artificielle au cœur des débats

Une attention particulière a été accordée à l’intelligence artificielle, considérée comme un enjeu majeur pour l’avenir. Les participantes ont insisté sur l’importance d’intégrer davantage les femmes dans la conception des données, des algorithmes et des solutions numériques afin d’éviter que les technologies émergentes ne reproduisent ou n’accentuent les inégalités existantes.

Certaines intervenantes ont mis en garde contre le risque d’une « invisibilisation numérique » des femmes si elles ne sont pas incluses dès maintenant dans les processus de création et de gouvernance des outils technologiques. L’IA, en tant que moteur de transformation, doit être pensée comme un espace d’égalité et non comme un vecteur de discrimination.

Des initiatives concrètes

Pour répondre à ces défis, le mouvement « Femmes d’Impact » a annoncé le lancement prochain d’une campagne de sensibilisation destinée à encourager les jeunes filles à s’orienter vers les filières scientifiques, technologiques, d’ingénierie et de mathématiques (STEM). L’organisation prévoit également de soutenir les femmes entrepreneures dans leur accès aux financements et aux opportunités offertes par l’économie numérique.

Cette campagne vise à briser les stéréotypes qui freinent encore l’engagement des filles dans les filières scientifiques. Elle ambitionne de créer un environnement favorable où les femmes pourront non seulement apprendre, mais aussi innover et contribuer activement à la construction d’un écosystème numérique inclusif.

Au terme des travaux, Nicole Ndoubayo a rappelé que le succès de la transformation numérique du Tchad ne dépendra pas uniquement du déploiement des infrastructures technologiques, mais également de la capacité des femmes et des jeunes filles à s’approprier ces outils pour en faire de véritables moteurs de développement économique et social.

Elle a insisté sur la nécessité d’une synergie entre les pouvoirs publics, les acteurs privés et la société civile pour garantir une participation équitable des femmes. Les institutions éducatives, en particulier, sont appelées à jouer un rôle central dans la formation et l’accompagnement des futures générations.

Une vision panafricaine

La table ronde a également mis en avant la dimension panafricaine de l’initiative. Les expériences partagées par les participantes venues d’autres pays démontrent que les défis sont communs : fracture numérique, faible représentation des femmes dans les filières STEM, accès limité aux financements et aux opportunités. Mais elles montrent aussi que des solutions existent, notamment à travers la coopération régionale et le partage de bonnes pratiques.

Cette édition des « Femmes d’Impact » s’inscrit ainsi dans une dynamique de solidarité et de construction collective. Elle rappelle que l’avenir numérique de l’Afrique ne peut se concevoir sans une participation active et équitable des femmes.

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