Malgré une hausse spectaculaire de 49 % de la production pour la campagne 2025-2026, l’Union Nationale des Producteurs de Coton du Tchad (UNPCT) tire la sonnette d’alarme. En cause : un retard de paiement critique dû au non-versement d’une subvention étatique de 4,7 milliards de FCFA.
C’est un discours teinté à la fois de satisfaction technique et d’inquiétude sociale qu’a livré Monsieur Mbontar Ndouko, président de l’UNPCT, lors de son point de presse ce 8 janvier 2026 à son siège à Moundou. Si les indicateurs de production sont au vert, l’ombre des impayés menace de briser la dynamique de relance de « l’or blanc » tchadien.
Le premier constat est sans appel : le coton tchadien reprend des couleurs. Selon le président de l’UNPCT, la production affiche une progression de 49 % par rapport à la campagne précédente. Cette performance, portée par une amélioration des rendements et une mobilisation conjointe de l’État, de la Cotontchad et des chefs traditionnels, marque le retour massif des paysans vers cette culture de rente.
Toutefois, ce succès repose sur un équilibre fragile. Pour maintenir l’attractivité de la filière face à une baisse théorique des cours (le prix calculé étant tombé à 233 FCFA), l’État s’était engagé en avril 2025 à subventionner le prix d’achat pour le maintenir à 280 FCFA/kg.
L’impasse financière : 4,7 milliards de FCFA attendus
Le cœur du problème réside dans le retard de versement de ce « différentiel de prix ». L’UNPCT révèle que la Cotontchad est actuellement dans l’incapacité de déclencher les paiements complets car elle attend que l’État débourse les 47 francs CFA par kilogramme promis, soit une enveloppe globale estimée à 4,7 milliards de FCFA. « C’est pourquoi, par cette déclaration, l’UNPCT appelle solennellement l’État tchadien à respecter son engagement. Le versement de cette subvention, estimée à environ 4.7 milliards de francs CFA, permettrait à Cotontchad de déclencher immédiatement le paiement des producteurs aux prix complet de 280 FCFA/KG », soutient le président de l’UNPCT.
« Les retards de paiement sont l’une des principales causes de démotivation. Ils fragilisent les familles et mettent en péril toute la chaîne de production », a martelé Mbontar Ndouko.
Pour les producteurs, ce retard n’est pas qu’une question comptable : c’est une menace directe sur la sécurité alimentaire, la scolarisation des enfants et la préparation de la prochaine campagne agricole.
Sécurité et logistique : un producteur perd la vie
Au-delà des finances, l’UNPCT a également soulevé une problématique sécuritaire alarmante. Des incendies à répétition frappent les stocks de coton graine entreposés dans les champs en attente d’évacuation. Le président a notamment cité le drame survenu à Andoum, dans le Logone Oriental, où un producteur a perdu la vie en tentant de protéger sa récolte.
L’UNPCT appelle solennellement le Président de la République et le gouvernement à respecter leurs engagements financiers. Pour Monsieur Ndouko, soutenir le coton, c’est soutenir 3,5 millions de Tchadiens qui dépendent directement de cette économie rurale.
L’enjeu est désormais de transformer l’essai de cette production record en une réalité économique concrète pour le paysan, avant que le découragement ne s’installe à nouveau dans les champs.
Juda Allahondoum
