PAUSE-CAFE/ Amina Priscile à Paris : Au-delà du décret, le choc des légitimités

La nomination d’Amina Priscile Longoh au poste d’Ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire en France n’est pas qu’un simple mouvement diplomatique dans l’échiquier de l’État. C’est devenu, en l’espace d’un communiqué musclé de la Primature, le terrain d’une confrontation frontale entre la rigueur institutionnelle et la rumeur numérique.

​En montant au créneau pour défendre l’ancienne Ministre d’État, le gouvernement ne se contente pas de protéger une personnalité ; il tente de restaurer la sacralité du « pouvoir discrétionnaire » du Chef de l’État. Le message est clair : la République n’a pas à s’excuser de ses choix, surtout lorsqu’ils sont portés par le sceau de l’efficacité et du service rendu.

​Pourtant, le ton employé par la Primature trahit une irritation profonde. En fustigeant des « interprétations malveillantes » et des « propos infondés », l’institution pointe du doigt une dérive de notre époque : celle d’une opinion publique, souvent chauffée à blanc par certains journaux en ligne, qui s’érige en tribunal de la compétence sans en avoir ni les preuves, ni la légitimité.

​Le vrai débat, au-delà de la personne nommée, réside dans cette question : où s’arrête le droit à la critique et où commence le sabotage de l’image de marque d’une nation ? Discréditer une ambassadrice avant même qu’elle ne présente ses lettres de créance, c’est, comme le souligne le communiqué, fragiliser le rayonnement de la diplomatie tchadienne. C’est partir au combat avec une aile froissée par les vents contraires de la polémique interne.

​Dans ce tumulte, la sortie médiatique de Kotoko Hamaï Makoré, Directeur de la Communication de la Primature, apparaît comme une nécessité tant institutionnelle que stratégique. Loin d’être une simple formalité administrative, cette mise au point vigoureuse vient combler un vide que la malveillance s’empressait d’occuper. Par la clarté de son verbe et la fermeté de ses arguments, le Directeur de la Communication a su redonner à la parole officielle sa fonction première : celle de boussole dans le brouillard des réseaux sociaux. En recadrant le débat sur le terrain de la compétence et de la légalité républicaine, il a non seulement protégé l’honneur d’une haute responsable, mais il a surtout rappelé que la Primature reste la garante de la dignité des cadres de l’État. C’est une intervention méritée qui marque une volonté de ne plus subir l’agenda de la désinformation, mais de le devancer par la force de la vérité.

​La Primature a donc choisi la contre-offensive. En rappelant que le Premier ministre ALLAH MAYE Halina soutient les cadres « sans distinction d’origine », elle frappe là où le bât blesse : le repli identitaire ou le procès d’intention qui polluent trop souvent l’analyse des promotions administratives.

​Récompenser le mérite et l’excellence est un sacerdoce républicain. Mais dans un monde interconnecté, le défi du gouvernement sera désormais de doubler ses décrets d’une pédagogie de fer. L’arrivée de Mme Longoh à Paris est une opportunité de rayonnement. Il appartient maintenant à la diplomatie des faits de répondre à la virulence des réseaux sociaux. La République, elle, a déjà choisi son camp : celui de la compétence reconnue contre la confusion semée.

JA

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