L’OIM et le CNLTP relancent le mécanisme national de protection des victimes de traite


N’Djaména, 15 décembre 2025 — Quatre ans après son adoption, le Mécanisme national de référencement (MNR) des victimes de la traite au Tchad fait l’objet d’une révision stratégique. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en partenariat avec le Comité national de lutte contre la traite des personnes (CNLTP), a lancé ce lundi à N’Djaména un atelier de deux jours visant à actualiser ce dispositif clé de protection.

C’est Mme Deyo Julienne, présidente du CNLTP, qui a ouvert les travaux en présence de représentants d’associations de défense des droits humains et d’organisations partenaires. Dans son allocution, elle a rappelé que le MNR, adopté en 2021, n’a jamais été mis en œuvre, malgré l’évolution des dynamiques migratoires, l’émergence de nouvelles formes de traite et les transformations institutionnelles.

« Ce mécanisme, bien qu’existant sur le papier, n’a pas encore trouvé sa traduction opérationnelle. Il est temps de le rendre fonctionnel, adapté aux réalités actuelles du pays », a-t-elle déclaré.

L’objectif de l’atelier est clair : rendre le MNR plus opérationnel, clarifier ses procédures et renforcer les circuits d’orientation des victimes. La révision permettra également de mettre à jour la cartographie des acteurs engagés dans la lutte contre la traite.

Mme Christina Atekmangoh, cheffe de programme de protection des migrants à l’OIM, a souligné l’importance de cette actualisation dans un contexte marqué par des mutations migratoires, des crises sécuritaires et une vulnérabilité socio-économique croissante.

« Le MNR doit rester un document vivant, aligné sur les standards internationaux et capable de répondre efficacement aux défis actuels », a-t-elle affirmé.

L’atelier s’inscrit dans le cadre du projet COMPASS, financé par le ministère néerlandais des Affaires étrangères. Il réunit les principaux acteurs institutionnels et opérationnels du pays autour d’une ambition commune : renforcer la réponse nationale face à la traite des personnes.

Mme Atekmangoh a conclu en appelant les participants à une implication active :

« Vos contributions seront déterminantes pour bâtir un système de protection plus résilient et plus humain. »

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