CNDH : Une affaire interne étalée sur la place publique

Dans une correspondance datée du 24 février 2026, le président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), Belngar Larmé, exige de son Rapporteur général des explications écrites circonstanciées. Curieusement, cette demande d’explications interne a été largement amplifiée auprès des plus hautes institutions de l’État. Une méthode qui expose une crise de gouvernance au grand jour.

Vladmir Toudjibé

La guerre de leadership déploie ses tentacules au sommet de la CNDH. Dans un courrier de quatre pages, le président de l’institution reproche à son Rapporteur général un « manquement grave à la gouvernance institutionnelle ». Il exige, dans les plus brefs délais, des justifications sur les fondements d’une initiative prise sans son aval formel.

Au cœur du litige : la saisine du Conseil constitutionnel par le Rapporteur général, alors que le président de la CNDH, Belngar Larmé, affirme avoir été mis devant le fait accompli lors d’une mission. Pour ce dernier, « agir au nom du président sans son aval formel revêt un caractère irrégulier et peut être qualifié d’usage indu de titre et de qualité ». Un acte qu’il juge constitutif d’un manque de loyauté administrative.

Belngar mélange les pinceaux

Pourtant, en examinant de près la correspondance, l’on constate que le président de la CNDH s’aventure sur un terrain glissant. Au lieu de s’en tenir au cadre disciplinaire et administratif de son institution, Belngar Larmé se lance dans des justifications juridiques qui semblent hors de propos. En effet, le Conseil constitutionnel a déjà rendu un avis motivé, lequel est, par nature, insusceptible de recours.

Le président de la CNDH fustige une interprétation « sélective et opportuniste » des normes constitutionnelles de 2023, s’étonnant que l’on conteste aujourd’hui les fondements d’un renouvellement partiel des commissaires. Lorsque la littérature s’invite dans l’explication du droit, le mélange des genres devient périlleux. En affirmant que l’avis du Conseil constitutionnel « neutralise un tirage au sort régulier », Belngar Larmé semble remettre en cause la hiérarchie des normes. À croire que la pyramide de Kelsen vacille sous le poids des ego.

Une diplomatie du déballage

Ces justifications complexes ne font qu’embrouiller la lecture d’une correspondance censée régler un simple problème de discipline interne. On y décèle une réponse tacite, presque dissimulée, destinée au Conseil constitutionnel. Si contestation il y a, ne devrait-elle pas se faire par les voies formelles plutôt que par des courriers de demande d’explications ?

En principe, chaque institution dispose de mécanismes internes pour traiter ses différends. Cependant, l’amplification de ce courrier auprès du Président de la République, du Premier ministre, et des présidents des grandes institutions (Sénat, Assemblée nationale, Conseil constitutionnel) interroge. En quoi une demande de rapport circonstancié à un subalterne nécessite-t-elle de prendre à témoin tout le sommet de l’État ?

Comme on dit souvent, si l’ignorance est la cousine de la mort, Le Visionnaire, lui, refuse de mourir idiot. Cette stratégie du déballage public cache mal un malaise profond au sein de la CNDH.

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