Accusations de népotisme d’un côté, dénonciations d’indiscipline et d’ingratitude de l’autre : le torchon brûle entre le député Brice Mbaimon Guedmabaye et son désormais ex-Secrétaire général adjoint. Retour sur un point de presse aux allures de règlement de comptes qui secoue les fondations de cette formation politique.
À travers un point de presse animé le 20 janvier 2026, le Secrétaire général adjoint du Mouvement des Patriotes Tchadiens pour la République (MPTR), Nadjitoidé Bétouembaye Aimé, a annoncé sa démission. Cependant, pour le président du parti, le député Brice Mbaimon Guedmabaye, il s’agit d’un « non-événement ».
Le réquisitoire d’un démissionnaire
Dans une déclaration de cinq pages, l’ex-Secrétaire général adjoint, Nadjitoidé Bétouembaye Aimé, a justifié son départ en revenant sur la genèse et la gestion du mouvement. Selon lui, le MPTR évolue sans président légitime depuis 2014, soit environ douze ans. Il accuse Brice Mbaimon Guedmabaye de gérer la formation comme un « patrimoine familial », une attitude qui aurait découragé les membres fondateurs et les cadres du bureau.
Sur la liste des départs récents, il cite notamment Oumar Haroun, Secrétaire national aux relations extérieures, et Naringar Guembatna, chargé de l’Éducation. « Compte tenu du comportement antidémocratique, du mercantilisme politique, du népotisme, du refus d’alternance à la tête du parti et surtout du « familialisme » politique de Mbaimon Guedmabaye Brice, j’ai choisi aujourd’hui, 20 janvier 2026, de démissionner de mon poste et du parti MPTR », a-t-il déclaré solennellement.
Enfin, il a annoncé qu’un cabinet d’avocats a été saisi pour déposer une plainte auprès des juridictions compétentes contre le groupe parlementaire Alliance Républicaine. « La chose publique ne saurait être gérée comme un patrimoine familial, source d’abus et d’injustice qui ternit gravement l’image de notre Assemblée nationale et de notre pays », a-t-il lâché.
La réponse du berger à la bergère
La réaction du député Brice Mbaimon Guedmabaye ne s’est pas fait attendre. Sortant de son silence après une période d’hésitation — par « sagesse et maturité politique », dit-il —, le président du MPTR n’a pas utilisé la langue de bois pour fustiger son ancien collaborateur.
Pour lui, le démissionnaire traîne un passé disciplinaire lourd. Il rappelle que Nadjitoidé Bétouembaye Aimé avait déjà été radié en 2015 avant d’être réhabilité. « Il est allé arracher et cacher la moto du trésorier, achetée sur le budget du parti. Il a fallu l’intervention de la police du 7ème arrondissement et une garde à vue de 24 heures pour qu’il la restitue », a confié le président Brice.
Le député a également évoqué une faute politique majeure commise à la veille du Dialogue National Inclusif et Souverain (DNIS). Nadjitoidé Bétouembaye Aimé aurait publié un texte qualifiant les participants à cette messe nationale de « cancres ». « C’est une faute grave. Cela revenait à dire que moi, son président et participant, j’étais également un con. J’avais alors exigé sa démission, car on ne peut pas être militant d’un parti et s’opposer de la sorte à ses choix stratégiques », a expliqué le leader du MPTR.
« Un ouf de soulagement »
Répondant aux accusations de népotisme et de mercantilisme, Brice Mbaimon Guedmabaye s’est montré catégorique : « Aimé est venu avec une lettre d’excuses, s’est agenouillé, et j’ai accepté de le nommer comme assistant parlementaire au Conseil National de Transition (CNT). Est-il mon parent biologique pour que l’on parle de népotisme ? C’est de l’ingratitude pure et simple. »
Pour conclure, le président du MPTR a martelé que son parti n’est pas un « pourvoyeur d’emplois ». « Son problème, c’est qu’il cherche du travail. Sa démission est pour nous un ouf de soulagement. C’est une grosse épine que nous venons d’enlever de la plante du pied du MPTR », a-t-il conclu.
Franck Madjitebaye
