Alors que les spéculations et les interprétations vont bon train, le Dr Allah-Ridy Koné, Président du Conseil d’administration de l’Université Emi-Koussi et Président du Groupement des socioprofessionnels du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), sort de son silence pour recadrer le débat en faveur de la paix et de la cohésion sociale.
Franck Madjitebaye
Lors d’un point de presse tenu le 8 janvier 2026 dans les locaux de son institution universitaire, le Dr Allah-Ridy Koné a tenu à s’exprimer publiquement sur les événements survenus le 22 décembre 2025. Ces faits concernent sa démission en qualité de président de Kodomma International, celle de Moussa Dassidi, président de Kodomma, ainsi que la suppression des plateformes de communication de ces organisations.
Pour lui, il était temps de lever l’équivoque sur de nombreuses interprétations, parfois très éloignées de la réalité. « Je tiens à rappeler que ma démarche s’est toujours inscrite dans le respect des institutions, de la légalité et de la responsabilité individuelle », a déclaré l’ex-président de Kodomma International devant les médias. Il a admis que certaines informations rendues publiques avaient suscité chez lui une réaction ayant alimenté une « polémique inutile », tout en précisant que cela n’était ni son intention, ni sa ligne politique.
Poursuivant ses propos, il a souligné que le Premier ministre est un responsable majeur de la République et un cadre de premier plan du MPS. À ce titre, il estime que les divergences éventuelles auraient dû être traitées — et le seront à l’avenir — dans le cadre des mécanismes internes de dialogue et de concertation prévus par leur formation politique. « Le Premier ministre et moi avons toujours, bien avant sa fonction actuelle, mené des actions en étroite collaboration pour la promotion de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble, notamment au sein de la communauté Mousseye et dans les régions du Mayo-Kebbi et de la Tandjilé », a-t-il ajouté pour couper court aux rumeurs.
La communauté Mousseye paie les pots cassés
À la surprise générale, ou comme il fallait s’y attendre, l’affaire culturelle Kodomma a pris une tournure politique, remontant jusqu’au sommet de l’État. Malgré la volonté du Dr Allah-Ridy Koné de réconcilier sa base et de sauver l’image de Kodomma — dont il avait redoré le blason après des années de gestion peu orthodoxe — les événements ont pris une autre direction.
Par l’arrêté N°001 du 5 janvier 2026, le Ministère Délégué auprès de l’Administration du Territoire, Chargé de la Décentralisation, a acté la dissolution des associations Kodomma International (folio N°9242) et Kodomma (arrêté N° 09/MAT/2007). Ces mesures drastiques sont perçues par beaucoup comme un coup de massue porté à la culture Mousseye.
Dans les couloirs des indiscrétions, certains évoquent une guerre de positionnement menée par de nouveaux notables de la communauté Mousseye désireux de se faire une place au soleil. Bien que certaines figures ressortissantes envisagent de contester cette situation par des concertations ou des recours traditionnels, la question demeure : quel recours reste-t-il face à une décision de l’État, force suprême, qui a déjà tranché ?
En tout état de cause, il est regrettable que Kodomma, une association à rayonnement international, se retrouve sacrifiée sur l’autel d’intérêts égoïstes.
