À travers leurs actions, leur engagement ou leur influence, certaines figures publiques se sont distinguées en 2025. Portraits croisés de ceux qui ont brillé… ou déçu.
En hausse
Monseigneur Kouraleyo Joachin Tarounga: La voix qui dérange
Chef de l’Église catholique dans le Logone Occidental, Monseigneur Kouraleyo Joachin Tarounga est une figure incontournable de la scène religieuse tchadienne. Ce fils Ngambaye, connu pour son franc-parler et sa droiture, n’hésite pas à interpeller les autorités lorsqu’il estime que la vérité est en jeu.
En 2025, il s’est illustré par sa ferme opposition au projet de code pastoral porté par le gouvernement de la 5ᵉRépublique, sous l’impulsion du ministre de l’Élevage, Pr Abderahim Atteib Awat. Lors d’une rencontre à Moundou, il a exigé sans détour le retrait pur et simple de ce texte, qualifié de « paysanticide », déjà rejeté sous le régime de Déby père. Cette prise de position lui a valu l’hostilité de certains cercles du pouvoir, mais a renforcé son image d’homme de foi intransigeant. Une figure morale qui dépasse les frontières ecclésiastiques.
Ousmane Abdramane Djougourou: le pourfendeur des « argentivores »
À peine nommé à la tête de l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC), Ousmane Abdramane Djougourou s’est imposé comme un acteur central de la gouvernance publique. Son rapport publié le 9 décembre, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la corruption, a révélé des détournements massifs : plus de 910 milliards de francs CFA aurait été siphonnés vers des comptes privés.
Contrairement à ses prédécesseurs, souvent bridés ou inefficaces, Djougourou affiche une volonté de rupture. Reste à savoir si le chef de l’État lui laissera les coudées franches pour poursuivre cette croisade. En tout cas, son courage et sa détermination en font l’un des visages marquants de l’année.
Max Kemkoye: la constance dans l’opposition
Figure de proue de l’opposition, le président de l’UDP, Max Kemkoi s’est imposé comme l’un des leaders politiques les plus actifs et documentés de 2025. Malgré les menaces, il a continué à animer le débat public, refusant les offres alléchantes qui auraient pu l’éloigner de son combat pour la démocratie.
Membre influent du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), il a contribué à l’élaboration d’un mémorandum regroupant plus d’une dizaine de partis d’opposition. Son engagement, jusqu’au retrait collectif de la scène politique pour dénoncer la mort de la démocratie, lui vaut une place de choix parmi les personnalités marquantes de l’année.
En baisse
Mbang Hadji Woli: l’ombre au sommet
Sultan du Baguirmi et gestionnaire de 5 % des revenus pétroliers de sa région, Mbang Hadji Woli jouissait d’un prestige certain en tant que chef traditionnel. Mais son entrée en politique, en tant que sénateur puis 1er vice-président du Sénat, a révélé de nombreuses limites.
Ses interventions publiques, largement relayées sur les réseaux sociaux, ont suscité moqueries et inquiétudes. Ses récentes maladresses sur l’urbanisation de Dourbali ont achevé de ternir son image. Une nomination qui illustre, selon certains, les dérives du système de cooptation politique. En 2025, il incarne l’un des profils les plus décriés.
Oumar Mahamat Kedelaye: le bras judiciaire de la répression
Sous son mandat, la justice tchadienne a été perçue comme un instrument de répression. Oumar Mahamat Kedelaye s’est illustré par sa sévérité à l’égard des journalistes et des opposants, notamment après les événements sanglants de Mandakaou.
L’arrestation et la condamnation à 20 ans de prison du président du parti Les Transformateurs, Dr Succès Masra, ainsi que les restrictions imposées aux médias et à la société civile, ont marqué son passage. Le cas du journaliste Monodji Olivier, détenu de longs mois, reste emblématique. Pour beaucoup, Kedelaye symbolise les dérives autoritaires de la justice en 2025.
